C'est quoi, le Burn Out ?

03/03/2020

Par Lionel Pires, Psychopraticien

Le syndrome de l'épuisement professionnel, communément connu sous le nom de Burn-Out.

· Définition : le Burn-Out, c'est quoi ?

D'après la Haute Autorité de Santé (HAS), le Burn Out est un état « d'épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d'un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

D'après l'OMS, le burn-out fait partie de la CIM-11 depuis juin 2018, plus précisément dans le chapitre des « Facteurs influençant l'état de santé ». Il est donc considéré comme un phénomène lié au travail et non pas comme une condition médicale. Il découle d'un état de stress quotidien au travail qui n'a pas été traité avec succès.

Je me permets de citer le Docteur Jean-Yves Kamami, chercheur et praticien, auteur du livre Comment éviter les Burn-Out et lui-même victime de ce fléau des temps modernes : "Au départ, on a l'impression que les murs tiennent, mais c'est juste une façade. En réalité, on n'arrive plus à résister à l'accumulation de stress prolongé et répété dans son travail. On est épuisé psychiquement et physiquement. Et tout d'un coup, ça s'écroule. On finit par s'effondrer, comme dévoré de l'intérieur, tout en affichant une façade avenante : c'est cela le burn-out". C'est à mon sens une excellente définition imagée du burn-out.

· Qui peut en être victime ?

Absolument tout le monde, même si les femmes en sont généralement plus victimes que les hommes de par leurs vies professionnelles qui sont de plus en plus denses qui viennent s'ajouter aux soucis classiques de la vie de famille.

Tous les secteurs d'activité et tous les métiers sont sujets à provoquer un burn-out, sans distinction de classes sociales ou de degré de qualification requis pour exercer le travail.

· Comment reconnaître le burn-out : les symptômes

Si nous prenons la définition stricte des symptômes selon l'OMS, trois dimensions s'en dégagent :

  • Efficacité réduite au travail
  • Un épuisement global
  • Sentiments cyniques et/ou négatifs par rapport à son travail

Evidemment, le burn-out provoque bien d'autres manifestations cliniques, telles que :

  • Anxiété : par rapport au travail, mais également sur d'autres sujets de la vie courante
  • Tristesse
  • Irritabilité
  • Troubles de la concentration, de l'attention, du sommeil et de la mémoire
  • Baisse de motivation globale
  • Sentiment de dévalorisation
  • Fatigue extrême : le sujet n'arrive jamais à récupérer, ni pendant les WE, ni pendant les vacances.
  • Repli sur soi : la personne parle de moins en moins, va moins vers les autres.
  • Isolement
  • Addictions : pour compenser le mal-être au travail puis le mal-être général qui en découle : drogues, sexe, jeu... .
  • Remise en question : est-ce que j'aime mon travail ? Qu'est-ce que je fais de ma vie ? Quel est mon but ? Que suis-je entrain d'accomplir ?
  • Agressivité

Attention, cela ne veut pas dire que lorsqu'une personne est en burn-out, elle va manifester tous les symptômes listés ci-dessus, elle peut n'en manifester que quelques-uns, et pas forcément en même temps.

En effet, l'épuisement professionnel est spécifique à chaque individu, nous sommes ici dans une affection mentale, donc du cas par cas (une dépression par exemple n'est pas du tout vécue de la même façon selon les individus, alors que des symptômes grippaux par exemple sont communs à tout le monde).

Il est également insidieux car il commence doucement, plusieurs années sont en effet nécessaires à ce qu'il « éclate » au grand jour, et ce sans que la personne ne s'en rende compte. Cela commence généralement par un surinvestissement au travail lorsque les choses vont bien : s'installe alors progressivement une anxiété venant de la peur de ne plus être aussi performant qu'à présent. Cette peur est compensée par la volonté de travailler encore davantage alors que la personne est déjà dans un processus de sur-engagement au travail.

Ainsi surviennent plusieurs des symptômes listés ci-dessus, et ces derniers débordent systématiquement sur la vie privée de celui qui est atteint : c'est là que le danger devient réel, des dépressions peuvent survenir et des idées noires apparaître (envies de violence, suicide...).

· Comment diagnostiquer un burn-out ?

Il existe aujourd'hui deux tests d'auto-évaluation :

  • Le CBI (Copenhagen Burnout Inventory) qui se penche sur les différentes formes de l'épuisement du sujet : épuisement professionnel, épuisement personnel et épuisement relationnel.

https://www.therapiebreve.be/plus/tests/burnout-cbi : lien vers le test CBI.

  • Le MBI (Maslach Burnout Inventory) qui lui se penche sur trois aspects : l'épuisement, l'accomplissement personnel et la dépersonnalisation.

https://www.masef.com/scores/burnoutsyndromeechellembi.htm : lien vers le test MBI.

Il ne s'agit pas de diagnostics médicaux, mais bien de deux tests d'auto-évaluation qui peuvent conduire le sujet, selon les résultats obtenus, à aller consulter un médecin puis à entamer une psychothérapie.

Le diagnostic définitif ne peut être posé que par un médecin (généraliste ou psychiatre). Ce dernier pose des questions en relation avec la situation vécue au travail par le patient ainsi que sur ses symptômes. C'est lui qui décidera si un traitement médicamenteux est nécessaire (anxiolytiques, anti-dépresseurs) en plus d'un arrêt de travail qui sert à couper du monde de l'entreprise et à se reposer. Normalement, un bilan sanguin est également prescrit pour enlever tout doute concernant la fatigue du sujet.

· La prise en charge et le traitement du burn-out

En tout premier lieu, le burn-out doit être pris en charge par un médecin qui va prescrire un arrêt de travail, nécessaire au repos et à la déconnexion du monde de l'entreprise. Il est impossible pour quelqu'un de se sortir d'un burn-out sans stopper toute activité professionnelle, c'est la base. Cet arrêt devra durer autant de temps que nécessaire.

Une fois le sujet arrêté et mis au repos, il devra suivre une psychothérapie assurée par le professionnel de son choix (psychiatre, psychopraticien, psychologue clinicien) : cela dépend de la sensibilité de chacun ainsi que du degré de performance du professionnel contacté. Se faire suivre par deux professionnels est également tout à fait envisageable dans le cadre d'un burn-out : le psychiatre pour les arrêts de travail et le traitement médicamenteux, le psychopraticien pour le suivi psychologique.

Pendant la mise au repos, il existe plusieurs méthodes pour traiter le burn-out :

  • Méditation et relaxation : la personne peut le faire elle-même en autodidacte, ou bien contacter un professionnel comme un sophrologue pour réduire son stress et son anxiété.
  • La psychologie positive : se rappeler par exemple des meilleurs moments de la journée avant de se coucher (ce qu'on a mangé le midi, le film qu'on a regardé avant de se coucher etc.).
  • Le sport : les bienfaits d'une activité physique régulière ne sont plus à démontrer ou à prouver. Cela permet de regagner de l'énergie et d'évacuer son stress. Evidemmment, il faut choisir un sport que l'on aime pratiquer.
  • L'alimentation : une alimentation saine et équilibrée permet de retrouver de l'énergie et de se sentir mieux physiquement. Sans oublier bien entendu de se faire plaisir de temps en temps !

Pour résumer, il s'agit ici pour la personne de retrouver une hygiène de vie saine ainsi qu'un équilibre mental et physique.

Ensuite, lorsqu'au bout de plusieurs semaines/mois (selon la gravité initiale du burn-out et la sensibilité de la personne) le patient est remis, s'offrent à lui deux solutions :

  • Le retour en entreprise, qui doit s'effectuer avec l'aval et la supervision du médecin du travail. Ce dernier va étudier l'environnement et le poste de travail, puis après une conversation avec l'employeur, va suggérer des aménagements, des modifications sur le poste (horaires, télé-travail, changement de missions, de service etc.) pour que l'employé puisse retourner travailler en toute sérénité.
  • Quitter l'entreprise. Il existe aujourd'hui en France quatre façons différentes de le faire :
  • La démission : c'est le moyen le plus simple et le plus rapide pour un employé de quitter son entreprise. En revanche, la contrepartie est sévère : l'employé n'a droit à aucune indemnité de départ ni aux allocations chômage.
  • La rupture conventionnelle : il faut que l'employeur l'accepte, il n'est pas obligé de le faire, c'est à son bon vouloir. Si la rupture conventionnelle est acceptée, l'employé a droit à toutes ses indemnités (de départ, chômage...).
  • Le licenciement pour inaptitude : en accord avec le médecin du travail et le psychiatre, le salarié va être déclaré inapte à tout poste dans l'entreprise. L'employeur n'aura donc d'autre choix que de le licencier pour inaptitude. Ce type de licenciement ouvre tous les droits à l'employé (chômage, indemnités etc.).
  • La création d'entreprise dans le cadre d'une reconversion : depuis début 2019, l'employé qui veut se reconvertir et créer sa propre entreprise peut démissionner tout en ayant droit à ses différentes indemnités.

· La prévention du burn-out

Comme nous l'avons vu précédemment, il est difficile de prévenir le burn-out tant ce dernier s'installe progressivement et insidieusement.

Il est néanmoins possible de le prévenir en étant extrêmement attentifs aux différents symptômes et à toute dégradation de la qualité de vie professionnelle et personnelle.

Une fois les prémices du burn out repérés, il convient d'aller tout de suite voir un professionnel de la santé ainsi que le médecin du travail et son employeur afin de réorganiser le poste de la personne (charge de travail, missions, reconnaissance au travail) avant que le burn out ne soit réellement déclaré afin d'en éviter les conséquences souvent dramatiques.


· Les différentes formes de l'épuisement professionnel

Actuellement, on dénombre trois formes distinctes :

  • Le burn out : il a été vu et expliqué plus haut.
  • Le bore out : de l'anglais boring (ennui), cette nouvelle pathologie du travail est en réalité un épuisement professionnel dû à l'ennui éprouvé par le salarié dans son entreprise. Les symptômes les plus fréquents sont :
  • Une baisse voire perte de confiance en soi
  • Un manque de reconnaissance
  • Une baisse voire une disparition de la motivation
  • Une grande fatigue et une lenteur à effectuer les tâches
  • Un isolement
  • Une frustration vis-à-vis de sa situation professionnelle

Comment un salarié peut-il arriver au bore out ? Il s'agit déjà à la base d'une personne qui n'a rien, ou très peu, de choses à faire à son travail. Les raisons peuvent être diverses et variées : réduction de l'activité de l'entreprise, mise au placard volontaire de l'employeur, personne sur qualifiée pour le poste occupé, tâches rébarbatives et sans intérêt, aucun objectif ni vision à long terme dans l'entreprise... . Le bore out a une prévention moins importante que le burn out car les personnes qui en sont victimes ont souvent honte de n'avoir rien à faire dans leur entreprise, et donc elles le cachent. Pourtant, le bore out peut avoir les mêmes conséquences catastrophiques sur le burn out, il n'est donc pas à prendre à la légère et ne doit pas être considéré moins grave ou digne de suivi que le burn out.

  • Le brown out : un brown out en anglais peut vouloir dire, selon les situations et le contexte, « baisse d'efficacité », ou encore « baisse de tension », « chute ». C'est la toute dernière forme connue de dépression au travail. Voici la définition donnée par le docteur François Baumann de ce nouveau phénomène : "directement issu du burn-out (qui correspond à l'épuisement professionnel) le brown-out se traduit littéralement par une baisse de courant". Cette chute de tension "exprime la douleur et le malaise ressentis suite à la perte de sens de ses objectifs de travail et à l'incompréhension complète de son rôle dans la structure de l'entreprise". Les symptômes les plus fréquents sont :
  • Augmentation de la quantité de travail mais diminution de l'intérêt porté aux tâches effectuées
  • Absence de visibilité sur sa carrière à moyen/long terme
  • Sentiment d'inutilité dans son travail
  • Manque de motivation générale au travail
  • Fatigue
  • Perte du sens de l'humour
  • Augmentation de l'absentéisme

Cette perte de sens au travail est progressive et ne se déclare pas brutalement comme un burn out. On peut être en brown out tout en restant fonctionnel dans son entreprise.

Un salarié peut arriver en état de brown out de plusieurs façons : faire un travail car on a pas le choix, penser qu'un travail l'intéresserait et finalement pas du tout... pour finalement, devant l'absurdité et le vide ressenti par l'exercice de son métier, la personne en arrive à se poser avec récurrence la question suivante « Mais qu'est-ce que je fais là ? ».

  • Le blurring : ce phénomène n'est pas à proprement parler d'une forme d'épuisement professionnel mais plutôt une conséquence qui peut s'avérer fâcheuse pour nos vies privées. En effet, le mot blurring vient de l'anglais « to blur » qui veut dire s'effacer, s'estomper. Il désigne donc la disparition de la limite entre vie professionnelle et vie privée, les deux se mêlent au quotidien. Cela est principalement dû aux nouveaux outils dont nous disposons aujourd'hui qui rendent la déconnexion du travail de plus en plus difficile, même lorsqu'on ne se trouve pas physiquement dans l'entreprise : smartphones, ordinateurs portables, dématérialisation des dossiers (tout est accessible désormais sur le Cloud si on en a envie). Mais le blurring est également dû à un surinvestissement du salarié dans son travail, d'où le lien avec les différentes formes d'épuisement professionnel. Ainsi, le salarié va se retrouver à travailler un dossier après (voire pendant) le dîner avec sa famille, ou encore il va consulter ses e-mails dès le matin au lever du lit ou au petit déjeuner... . En bref, nous ne savons plus où se trouve la frontière entre privé et professionnel.


· Les burn out non professionnels

Le terme « burn out » est communément utilisé pour désigner le syndrome de l'épuisement professionnel.

Or, il existe deux autres types de burn out à part entière : le burn out parental et le burn out familial.


  • Le burn out parental

Le burn out parental est un syndrome de stress chronique affectant les parents n'ayant pas d'autres ressources pour le compenser. C'est une affaire d'accumulation.

Ce burn out touche particulièrement les mamans, mais contrairement à ce que l'on pourrait croire les papas aussi sont touchés. Son origine vient de la relation parent-enfant.

Il peut survenir à tout âge de la vie de l'enfant, mais il ne doit surtout pas être confondu avec le baby blues ou la dépression post-partum, qui elles sont directement liées à la naissance même du nourrisson, et non au stress chronique que vivent les parents en éduquant leur enfant.

Les symptômes caractéristiques principaux sont les suivants :

  • L'épuisement dans le rôle de parent : c'est généralement le premier symptôme à apparaître. Cet épuisement peut-être de l'ordre physique (fatigue intense ressentie, malgré une bonne hygiène de vie), émotionnel (avoir l'impression de ne plus en pouvoir, d'être au bout du rouleau, de se sentir vidé) et/ou cognitif (ne plus arriver à aligner deux pensées cohérentes, avoir du mal à réfléchir, oublier des choses...).
  • La perte de plaisir et la saturation dans le rôle de parent : le parent n'en peut plus d'être parent, tout simplement, et ne trouve plus aucun plaisir à s'occuper de son enfant.
  • La distanciation affective avec ses enfants : le parent fait le minimum syndical envers ses enfants (le conduire à l'école, l'habiller, le nourrir, le coucher etc.). Il s'enfonce dans une routine de fondamentaux et n'en sort plus. Il n'est plus investi comme auparavant avec ses enfants (il les écoute distraitement, s'implique moins dans leur éducation, leur accorde moins d'importance, les délaisse...). En bref, le parent ne s'investi plus ou peu dans sa relation avec ses enfants.
  • La prise de conscience du contraste : le parent se rend compte, en prenant du recul, qu'il n'est ni le parent qu'il voulait être, ni le parent qu'il a un jour été. Un sentiment de honte et de culpabilité apparaît alors.

Les conséquences d'un tel burn out peuvent être dévastatrices. Elles peuvent toucher toutes les sphères du foyer :

  • Le parent : des problèmes de santé peuvent survenir dû au stress chronique et aux moyens de le compenser (perte ou prise de poids excessives due à une alimentation déséquilibrée), des problèmes d'addiction pour fuir le quotidien (alcool, drogues en tous genres...) etc.
  • Le couple : des conflits peuvent apparaître, une mauvaise ambiance peut s'installer à la maison due à l'irritabilité du parent souffrant du burn out, et au pire cela peut se terminer par un divorce.
  • L'enfant : une négligence poussée de l'enfant peut se développer, comme ne plus ou peu s'occuper de son hygiène, de son confort ou de son bien-êtere. Dans les cas les plus graves, le parent devient violent envers son enfant.

Il existe des solutions pour se sortir (ou mieux, ne pas y entrer) d'un burn out parental :

  • Ne pas idéaliser le rôle de parent : c'est le meilleur moyen d'être déçu et de se prendre la dure réalité de plein fouet. Tout n'est pas rose dans la parentalité, et comme toute situation dans la vie, il y a du positif et du négatif. Le ressenti de chacun étant différent et unique, ce positif et ce négatif va varier selon les parents (une maman va peut-être mal vivre de changer les couches de son nourrisson, tandis que cela ne dérangera absolument pas une autre, au contraire).
  • Repérer les facteurs de stress et les atténuer/contrebalancer : l'éducation d'un enfant s'accompagne obligatoirement de facteurs de stress (perfectionnisme envers son enfant, problèmes engendrés dans le couple, problèmes financiers, n'avoir personne pour garder son enfant de temps en temps etc.) propres à chaque ménage. Il s'agit ici de trouver des ressources pour atteindre un équilibre dans sa vie : avoir des horaires de travail souples, pouvoir confier son enfant à ses amis ou sa famille pour souffler de temps en temps, s'appuyer sur son conjoint pour l'éducation de l'enfant et sur la force du couple... .
  • Garder son identité : en effet, il est facile une fois parent de s'investir à fond dans ce nouveau rôle, quitte à en perdre petit à petit son identité et ce qui faisait de nous ce que nous étions avant d'être parents. L'idéal est de concilier sa nouvelle vie de parent avec ses vies personnelles et professionnelles, sans qu'elle prenne le pas sur les autres. Le but est d'arriver à une harmonie entre tous les rôles de notre vie.
  • S'entourer : il y a plusieurs moyens de s'entourer, et pas seulement avec sa famille et/ou ses amis. On peut tisser des liens avec d'autres parents (dans son immeuble, à l'école, à son travail, dans des associations etc.) pour s'échanger des services (gardes d'enfants), s'organiser des sorties communes pour s'aérer, évacuer le stress et occuper son enfant avec les enfants des autres ce qui permet de souffler. Aussi, lorsqu'on est en burn out, il est important d'aller voir un professionnel (psychopraticien, psychiatre...) qui vous accompagnera et vous aidera à trouver les ressources pour surmonter votre situation.


  • Le burn out familial

Contrairement au burn out parental (qui trouve sa source dans la relation parent-enfant), le burn out familial trouve lui sa ou ses source(s) à l'extérieur du foyer :

  • La pression de la société : ce sont toutes les idées reçues avec lesquelles nous vivons depuis notre plus tendre enfance et qui codifient nos comportements. Exemples : un bébé doit absolument dormir dans sa chambre ; il faut avoir de bons résultats à l'école sinon on n'aura pas un bon métier plus tard.
  • La pression du cercle amical : c'est tout ce que les amis disent aux parents par rapport à leur façon d'élever leurs enfants, qu'ils soient eux-mêmes parents ou pas. Exemple : « Je n'aurais jamais toléré une telle attitude de la part du mien » ou encore « Je ne lui permets jamais de regarder la télévision la semaine ».
  • La pression du cercle familial : elle est très similaire à celle du cercle amical au niveau des réflexions et des remarques, mais elle est souvent plus puissante du fait qu'en général, ce sont des personnes plus âgées (oncles, tantes...), plus influentes (père, mère...) et avec beaucoup plus d'expérience au niveau de la parentalité (ce qui ne veut absolument pas dire que leurs conseils ou leurs façons de voir les choses seront plus avisés ou meilleures).
  • La pression du travail : horaires difficiles, métier stressant, managers difficiles (exigeants, injustes, parfois harceleurs...), enjeux financiers, tout cela pèse sur le moral et le physique d'un parent, ce qui influe indirectement sur sa vie de famille.
  • La pression de l'école : elle concerne évidemment les enfants : le style d'habillement, les moqueries des copains, les résultats scolaires, les premiers amours, parfois même le harcèlement, racket etc.

Ce burn out familial se manifeste ensuite dans les relations entre tous les membres de la famille : parents-enfants, enfants-enfants, mari-femme. Les relations se dégradent doucement mais sûrement, l'ambiance devient mauvaise et très vite le cocon familial devient irrespirable et pour finir invivable. Les familles victimes de se burn out se sentent mieux loin de chez eux (au travail, chez des amis) que dans leur propre foyer.

Les conséquences sont sensiblement identiques à celles du burn out parental.

Les solutions pour s'en sortir sont également sensiblement identiques, à ceci près que l'on peut également s'appuyer sur ses enfants en leur déléguant des choses à faire : des lessives par exemple lorsqu'ils sont en âge de les faire, ou bien encore leur laisser faire la cuisine une fois par semaine pour toute la famille (quelque chose qu'ils aiment, bien entendu). Et évidemment : lâcher du lest avec ses enfants, tout en maintenant un cadre : ce n'est pas grave si leur chambre est mal rangée par exemple, tant qu'ils la rangent une fois par semaine minimum.